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"Des adultes ivres morts en présence d’une fillette, c’est très grave" : scène chaotique, alcool et enfant en pleurs, un père de nouveau condamné

  • Photo du rédacteur: Carine Mendez
    Carine Mendez
  • 24 oct. 2025
  • 4 min de lecture

Publié le 06/10/2025

M.L.


Déjà condamné à plusieurs reprises, un père de famille a de nouveau bravé l’interdiction d’entrer en contact avec la mère de sa fille, en plus d’être arrêté alcoolisé lors d’une scène chaotique avec son frère et des policiers.


La première chose qu’on remarque de Christophe* quand il entre dans le box des accusés, ce mardi 30 septembre, ce sont les strips médicaux qui barrent son visage et dissimulent avec un peu de mal une large plaie sur son front et son arcade sourcilière. La seconde, c’est son air renfrogné, mâtiné d’un certain accablement, qu’il présente aux juges du tribunal.

La scène de chaos s’est produite sur fond d’alcoolisation excessive.


Une mine peu amène qui peut peut-être être expliquée par les longues heures de détention desquelles il sort après son arrestation le 27 septembre. La police de Pamiers est appelée sur les coups de 20 heures à son domicile par son ex-compagne, Laura*, à qui Christophe n’a pas rendu leur fille après qu’ils en ont convenu ainsi plus tôt dans la journée. Première entorse. Car la justice a signifié plusieurs fois à Christophe, dont pas plus tard que la semaine précédente, qu’il n’avait pas le droit d’entrer en contact avec Laura.


Elle fait donc appel à la police qui tombe sur le frère de Christophe, alcoolisé et qui a mis la musique bien trop fort dans le jardin. Ce dernier résiste à l’arrestation, repousse les policiers, ce qui finit par réveiller Christophe qui dormait avec sa fille. Ahuri par l’alcool qu’il a lui aussi consommé en grande quantité dans l’après-midi, il se jette sur les policiers qui menottent son frère et tombe lourdement sur les jambes d’un d’eux. Deuxième entorse, autant pour lui que pour le policier qui souffre du genou.


"Même alcoolisé, je ne me vois pas faire ça"

Pour autant, l’Appaméen ne bronche pas face à ces accusations. Voix ferme, tête haute, il lance : "Je réfute toutes les violences sur les agents. Même alcoolisé, je ne me vois pas faire ça, même si je ne peux pas le certifier." Avec 10 condamnations déjà à son actif, le charpentier, enfant ballotté de foyer en foyer, ne se présente pas sous son meilleur jour, d’autant que les juges ont bien cerné son problème avec l’alcool. Cet après-midi en question, s’il a bu, c’est parce qu’il a retrouvé son frère qu’il a revu après 12 années d’absence. "Ce n’était pas prémédité, c’était la fête, explique-t-il en baissant la tête. Mais malgré mon alcoolémie, ma fille, je m’en occupe, j’en prends soin !"


Une affirmation qui tombe un peu à plat quand la présidente Pauline Chaulet relit le procès-verbal des policiers, où ils décrivent la petite fille de 4 ans apeurée et en pleurs au milieu de la scène d’arrestation chaotique. Tout comme elle s’interroge sur les messages "pas très plaisants" d’insultes, plus de la part de Laura que de Christophe, que s’échangent les deux parents en dépit de l’ordre de justice de ne pas rentrer en contact : "Tout ça, c’était après qu’elle a appelé la police, se renfrogne Christophe. Depuis février, je ne suis plus parti en vrille. Si vous me permettez la liberté, je ferai tout pour que ça ne reproduise pas et mettre en place des soins." Une promesse accueillie par un air peu convaincu des juges, dont la présidente qui lui fait remarquer d’un ton sévère : "Il n’aurait pas fallu le faire avant, ça ?"


Pour la substitut du procureur Anglade, il n’y a pas de doute qui tienne. "On est dans un contexte particulièrement inquiétant, avec des adultes ivres morts en présence d’une fillette, c’est très grave et préoccupant", lance-t-elle. Christophe qui promet aussi qu’il n’a plus envie d’entendre parler de Laura, et qu’il ne lui remettra leur fille qu’en présence des forces de l’ordre, elle n’y croit pas non plus : "On lui a expliqué en long, en large et en travers cette interdiction de contact, que faut-il faire de plus pour qu’il comprenne ?", s’agace-t-elle, avant de requérir 10 mois de prison ferme.


En défense, Maître Quintanilha commence par dédouaner son client, dont on a "l’impression qu’il se cherche des excuses, alors que ce n’est que de la maladresse". Elle n’oublie pas de faire remarquer à la cour que c’est Laura qui a sollicité Christophe en premier pour leur fille : "Je vous passe la poésie de ses messages", grince l’avocate, qui note qu’il est difficile de faire respecter l’interdiction de contact avec l’exercice de l’autorité parentale. Plus problématique pour elle, l’accusation de violences envers les forces de l’ordre, quand le frère de Christophe était "le plus virulent et le plus véhément des deux". "Je doute du caractère volontaire des violences, reprend la robe noire. C’est une scène confuse, il n’est peut-être pas tombé volontairement au vu de son fort état d’ébriété."


Un doute qui va finalement profiter à Christophe, qui est relaxé pour les violences. L’Appaméen écope tout de même de six mois de prison sous bracelet électronique pour la rupture de l’interdiction de contact




 
 
 

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